Les aidants naturels sont en première ligne du maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie. Très sollicités par leur proche, l’attention, la vigilance et l’accompagnement permanents finissent par les épuiser. Dans le Douaisis, un groupe de travail piloté par Marielle Pannecocke et Jean-Luc Swirog, a mené une réflexion sur le répit indispensable dont les aidants ont besoin. Et depuis mars 2010, un dispositif expérimental de soutien a été mis en place.

L’aide aux aidants dans le Douaisis

« Le projet était de créer une plateforme de répit destinée à soulager les aidants naturels, explique Jean-Luc Swirog l’un des directeurs de pôle à l’initiative du projet. L’aidant est le premier soignant. Il s’oublie parfois au profit de l’aidé. Nous voulions lui permettre de se ressourcer. »  

Car si le maintien à domicile des personnes en perte d’autonomie est possible grâce à l’intervention des proches qui prennent soin d’eux, s’occuper de l’être cher, jour après jour, est une tâche extrêmement difficile face à laquelle beaucoup sont démunis et parfois se découragent. Reconnaître le rôle des aidants, les soutenir d’une manière très concrète, tel est l’objectif du dispositif mis en place par les équipes de la Fondation dans le Douaisis.    

Ainsi, depuis mars 2010, chaque jeudi après-midi, une dizaine de personnes sont accueillies dans les locaux de la résidence La Fonderie à Douai. Huit d’entre eux s’occupent de leur conjoint atteint de la maladie d’Alzheimer, deux se chargent de leur enfant handicapé. Sorties, activités manuelles ou sportives, jeux, séances d’information sont organisés pour leur permettre de rompre avec un quotidien épuisant. Pendant ce temps, une auxiliaire de vie sociale du SIRMAD SAPAD
- l'un des services d’aide à domicile de la Fondation - prend le relais auprès de la personne aidée.  

Si aujourd’hui ce bol d’air leur est devenu indispensable, il n’a pas toujours été facile de les convaincre de lâcher prise. « Tous sont tellement habitués à prendre soin seuls de leur proche qu’ils ont du mal à faire confiance à quelqu’un d’autre, fût-ce une professionnelle. Il a fallu les rassurer, les déculpabiliser également. Tout ce qui se passe pendant leur absence est consigné par l’auxiliaire de vie dans un carnet de bord et un temps d’échange est organisé avant leur départ et à leur retour. »  

À l’origine subventionné par le Conseil général, le dispositif est aujourd’hui entièrement soutenu par la Fondation. Il est gratuit pour les aidants et un an et demi après ses débuts, il a fait ses preuves. Ces rencontres hebdomadaires ont permis à beaucoup de recréer des liens sociaux. Ils se soutiennent, s’appellent en dehors des réunions. Se sentir compris et écouté rend le quotidien plus léger. L’enjeu est désormais de trouver un modèle économique permettant la modélisation du dispositif dans d’autres secteurs géographiques.