SOIN et intimité à travers la technique du « bain-serviette »
Le « bain-serviette » est une technique de soin d’hygiène et de confort qui remplace une toilette au lit ou une douche. Elle met l’accent sur le toucher, la parole et le regard. Véronique Barbier, l’a découverte par hasard, lors de l’intervention d’un médecin canadien à un colloque auquel elle participait.
Convaincue par cette expérience, elle a alors proposé l’usage de ce soin dans son établissement. « Au début, il a fallu utiliser notre bon sens car il a été très difficile de trouver des informations sur la marche à suivre. Mais petit avec petit, avec l’expérience, on a affiné ce soin et maintenant, la plupart de nos résidents en bénéficient ». Elle insiste sur le fait qu’il n’y a pas de protocole fixe : « on s’adapte en fonction de la situation et de chaque personne même si la base est la même à chaque soin ». En l’occurrence : dérouler une serviette humide imprégnée d’un savon qui ne nécessite pas de rinçage. La serviette enveloppe progressivement l’ensemble de la personnes de manière à ne dévoiler aucune partie de son corps. Ainsi l’intimité est-elle préservée. « La toilette classique est souvent mal supportée par les personnes âgées qui sont très pudiques. Avec le « bain-serviette », on ne voit pas le corps, les gens ne sont jamais nus ! C’est un des points très positif ! ».
Au fur et à mesure que la serviette est déroulée, l’infirmière effectue des petits massages sur toutes les parties du corps. Les bienfaits se font vite ressentir : détente musculaire, décontraction des mains, plus grand amplitude des mouvements, un souffle apaisé… La régularité du soin permet de supprimer les signes d’agitations. « Le corps se détend, les tensions, les raideurs diminunent. On voit même souvent le sourire apparaitre, les regards se croisent, et on échange des mots… Le confort est réel !».
Pour le personnel soignant, ce soin ne demande pas plus de préparation qu’une toilette classique. Beaucoup moins éprouvant physiquement, l’engagement émotionnel et humain des personnels qui l’effectuent sont toutefois beaucoup plus intenses - « Au bout de 2 ou 3 soins, on se sent souvent vidé car le « bain-serviette » demande beaucoup d’implication de notre part.» - ce qui n’empêche pas cette technique d’être plébiscitée par les équipes car elle permet d’entrer réellement en contact avec les personnes et ceci d’une manière beaucoup plus douce et sereine que par les toilettes ou échanges habituels.
Une étude, financée par la Fondation, débutera en septembre 2009 pour tenter d’évaluer l’apport réel pour les personnes et les soignants et de voir comment modéliser et faire essaimer l’usage du bain serviette.

