Trois jours en mer à bord du Belem. Une expérience unique pour dix jeunes
bénéficiaires du dispositif
" Savoirs pour réussir ". En mars 2006, Paul Le Bihan, président de la Fondation Belem et Didier-Roland Tabuteau, directeur général de la Fondation Caisses d’Epargne pour la solidarité décidaient de proposer à une dizaine de jeunes bénéficiaires
de " Savoirs pour réussir "
en France, un stage de découverte des métiers liés
à la navigation à l'ancienne,
à bord du trois-mâts centenaire.
SAVOIRS POUR RÉUSSIR sur le Belem
Accompagnés de leur encadrant, ils sont venus de Marseille, du Havre, de Chambéry et de Bordeaux. “J’ai la chance de commander le Belem ! Un mot s’il vous plaît sur les règles de sécurité générale : on ne court jamais sur un bateau. On ne saute pas sur le pont et on ne saute jamais des marches dans les escaliers. On ne crie pas non plus à bord, excepté s’il y a un homme à la mer ou si un feu se déclenche. Demain matin, nous procéderons à l’exercice réglementaire « un homme à la mer ». On vous donnera un gilet de sauvetage et on vous dira que faire en cas d’abandon du navire. C’est le commandant qui donne l’ordre d’abandonner le navire. Nous appareillerons demain matin, à 10 heures. Très important : au moindre doute, n’hésitez pas à nous solliciter, à nous prévenir. Vous êtes nos détecteurs à bord. Pas de questions ?
– Et comment fait-on pour devenir matelot ?
– Il faut le certificat d’initiation nautique que l’on peut obtenir dans les écoles maritimes ou les écoles de la marine marchande. Il faut donc suivre la formation deux à trois mois et remplir un dossier.
– Bon moi, suivant comment ça se goupille à la fin de mon stage, j’aimerais bien le faire, ça me sortirait de la formation de réinsertion. Il y aussi cuistot sur un bateau. Ce serait bien. Moi je suis déjà cuisinier, j’ai mon CAP et le niveau BEP. A bord du Belem, ce serait pas mal !
– Ca m’intéresse beaucoup ce que vous dites. Vous avez les coordonnées de la compagnie ? Et ça change beaucoup de travailler sur un bateau ? Jérôme
– Il faut se garder d’idéaliser, tu sais. Dans tous les métiers, il y a des contraintes fortes. Il vaut mieux les connaître d’abord… Samia Hassaine
– Justement, je fais connaissance…”
Dimanche 26 mars 2006, appareillage, premier jour de navigation
– Ancre à la mer !
– Ancre à la mer jetée !
– Mais non Jérôme, on a dit l’ancre ! Celle du bateau… Pas l’encre de ton stylo. (Natacha)
Prévision de Météo France pour le lundi 27 mars 2006 :
Vent : secteur du sud 2 à 3 revenant nord-est la nuit.
Mer : belle.- Houle : non significative.- Evolution pour mardi 28 mars : nuageux.
Vent s’établissant sud-ouest 2 à 3 le matin. Fraîchissant 5 à 7.- Mer peu agitée puis agitée.
– Qu’est ce que ça veut dire vent 2 à 3 ?
– Cela veut dire qu’il y a très peu de vent et nous avons par conséquent une mer très calme... comme tu vois.
– Et comment fait-on alors pour marcher sans vent ?
– Sans vent il est impossible d’avancer. On se trouve encalaminé : il arrivait que les marins restent ainsi pris dans le calme des jours durant. Plus rien ne bouge…
15 heures
– Bien ! La séance d’ascension de la mâture que je vous propose se fait en plusieurs étapes. D’abord la grande vergue et ensuite, seulement si vous vous sentez capable de monter plus haut, vous y allez. Vous les trouverez dans les grands coffres. Le commandant
Face à l'aisance et à la concentration dont Abderrahman fait preuve sur les vergues tout en haut du misaine, l'équipe lui proposera de l’accompagner chaque fois qu’il faudra larguer ou carguer les voiles.
– Il vient de découvrir qu’il a une capacité particulière et de toute évidence une passion : l’escalade. C’est absolument incroyable de voir comment ce jeune qui n’a jamais fait cela de sa vie découvre qu’il sait et qu’il aime grimper en haut du trois-mâts avec une pareille aisance… Je pense que de retour à Marseille je vais me renseigner pour pouvoir l’inscrire dans une association d’escalade. Il pourra pratiquer dans les calanques et pourquoi pas choisir un métier en relation avec cette compétence. Gérard Chabert

