Samuel Bollendorff
Donner la parole à ceux qui ne l’ont pas.
"Au fil de la série Hôpital Silence j’ai travaillé depuis 1995 sur les précarités sociales et l’institution. Donner la parole à ceux qui ne l’ont plus est une chose délicate. Souvent l’Institution gomme les aspérités de la vie et la diversité des individus. L’intimité, la complicité sont autant de rapports qui de moins en moins trouvent leur place au sein des protocoles de prise en charge. Appréhender les fragilités des personnes photographiées ne peut pas se faire sans qu’une relation même éphémère ne s’installe. La possibilité de ce temps, de ces rencontres, de ces échanges, de ces moments fragiles, je l’ai retrouvée dans l’engagement que la Fondation a mis dans la transcription de ces vies au sein des établissements. Essayer de donner à ressentir la douceur d’un geste, un temps effleuré, un silence, une parole… la vie, c’est un enjeu pour la Fondation, mais c’est aussi celui du photographe…"
