Vieillissement, handicap, maladie et média : je t'aime moi non plus ?
Au cours de 3 tables rondes, Denis Piveteau, conseiller d’Etat, Maryvonne Lyazid, adjointe au directeur général de la Fondation, et Jean-Yves Ruaux, rédacteur en chef de Seniorscopie.com, ont présidé les débats. Ils étaient entourés d’hommes et de femmes du monde des média et de l’image Eric Favereau, Robert Namias, Sandrine Blanchard, Samuel Bollendorff et Michelle Podroznik, mais aussi d’acteurs et de personnalités du secteur médico-social comme Pascal Champvert, Jacqueline Gaussens ou encore Pierre Birambeau, qui ont ainsi pu exprimer et croiser leurs points de vue. Points forts de cette journée animée par Claire Hédon, journaliste santé à RFI.
« Vieillissement, handicap, maladie : indifférence ou désamour des média ?
Si pour Pascal Champvert, président de l’ADPA, communiquer et s’ajuster à l’agenda des média est impératif, Eric Favereau, rédacteur en chef du service santé à Libération, s’est interrogé sur l’intérêt pour la vieillesse qui est privée et intime d’être sous les feux des média. Robert Namias, ancien directeur de l’information de TF1, dirigeant chez Publicis, reconnait quant à lui la responsabilité partagée dans le peu de cas fait aux personnes handicapées en France. Denis Piveteau, président de séance, a conclu sur la nécessité de passer de l’événement média « choc » à des éléments de débat et de politique responsables et susceptibles d’infléchir le cours des choses.
« Vieillissement, handicap, maladie : sujets de société, des réalités aux reportages »
La deuxième table ronde a abordé la manière dont le débat public pouvait contribuer à porter l’intime. Sandrine Blanchard, chef de service adjointe santé au Monde, a noté malgré tout une forte progression, dans son journal, dans le traitement réservé à ces sujets avec plus de 1000 articles en deux ans, toutes rubriques confondues. Samuel Bollendorff, photographe à L’Œil Public, a souligné la distorsion existante entre d’un côté le besoin de temps pour que photographe instaure la confiance et de l’autre une presse écrite qui fait beaucoup moins réaliser de reportages et qui se sert d’images génériques illustratives.
«Vieillissement, handicap, maladie : une image rénovée »
La troisième table ronde s’est intéressée aux stratégies possibles pour aborder ces sujets de façon originale. Pour Michelle Podroznik, Plus belle la vie sur France 3 - dont elle est producteur délégué - doit son succès à la présence d’acteurs de tous les âges de la vie qui ont un jeu authentique. Avec humour, Pierre Birambeau, cofondateur du Téléthon, a rappelé la course de fond qu’a été le Téléthon avant de convaincre, s’imposer et décoller. Quant à la Fondation Nationale de Gérontologie qui travaille avec les enfants grâce à une une série de petits livres qui abordent ces questions, Jacqueline Gaussens, directrice de la communication, souligne que si le vieillissement et le handicap sont des sujets tabous pour les quinquagénaires, en revanche les enfants sont en demande d’une relation intergénérationnelle qui les rassure, les construit et où le contact avec des personnes âgées et la mort les ouvre vers l’avenir tout en balisant le chemin. Accessible et acceptable, tel a été le mot de conclusion de Jean-Yves Ruaux, qui nous invite à dégager l’émotion pour faire passer une nouvelle idée là où un discours rationnel a échoué.

