Sébastien Le Clézio
"Je crois que l’on est photographe depuis toujours ou jamais. Il s’agit de voir à l’instinct, de prendre le temps et de l’arrêter, puis de le laisser filer. Il faut anticiper, être précis, viser juste.
J’aime m’asseoir et échanger avec les vieilles personnes, elles me racontent la mort du petit chat, c’était hier, et la belle robe blanche des jours de fête, c’est comme si elles l’avaient mise ce matin même. Puis, j’essaie de saisir cet état d’esprit si particulier. Sans les artifices de la mise en scène, du sourire et des clins d’œil, je dois trouver cette émotion si différente.
Avec les jeunes, ceux qui souffrent d’un système éducatif trop étriqué pour eux, le contact est assez aisé. L’image est universelle et parle d’elle-même. Sans mots. J’essaie de les comprendre, d’être proche, mais pas trop. Il faut savoir rester à la bonne distance. C’est aussi essentiel pour réussir la bonne image.
La Fondation me permet de photographier, avec mon propre style, à hauteur d’homme, droit dans les yeux, et c’est un bel échange."
