En janvier 2005, l'opération « Savoirs pour réussir » se met en place au Havre et l’association AHAM ouvre ses portes pour accueillir le premier groupe de jeunes de 16 à 25 ans. Redonner l’envie de découvrir, l’envie de s’inscrire dans un circuit de formation est très important.

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Il faut donc partir de ce que les jeunes  connaissent. Tel est le but  des cinq ateliers de travail : théâtre, information et communication, l’atelier vie sociale et professionnelle, informatique et savoirs de base  et  projet.
« Nous avons épinglé sur un fil les photocopies de tableaux de grands peintres et nous avons discuté ensemble de la forme et de la technique picturale. Explique Manuella Briand, tutrice bénévole de l’atelier peinture. Qu’est-ce qu’une oeuvre d’art au fond ? Un objet unique. Les jeunes réalisent ici chacun un objet unique, ils repartent heureux et fiers d’avoir créé, en une ou deux heures, une oeuvre d’art. De cette façon, nous démocratisons un peu toute cette culture .»

Béatrice Dutot, chef de projet de l’opération « Savoirs pour réussir » est très claire : Au départ, il  est difficile pour les jeunes qui viennent nous voir de se projeter. C’est comme si l’avenir n’existait plus. Quant à Laurence Troadec, tutrice, « avec eux, j’ai appris la patience qui ne faisait pas partie de mon caractère. J’ai eu quelques retours assez directs sur ma manière d’être. C’est passionnant car il faut les guider en leur laissant le plus d’autonomie possible et c’est usant car ils sont vrais. »

L’atelier théâtre va permettre par ailleurs aux jeunes de s’exposer au regard des autres, ce qui est toujours difficile et utile car, pour Ismaël et François qui animent cet atelier : « ils réalisent qu’il y a un langage verbal et un langage gestuel, que leur corps communique sans arrêt.. Cette consigne les amène à tempérer leur comportement, elle les engage à s’exprimer au plus près de leurs idées et à entrer dans l’univers de l’autre. Par l’improvisation, chacun va pouvoir jouer tour à tour différents rôles et prendre une place inhabituelle : celle du banquier, du patron, du parent et pas seulement celle du demandeur d’emploi… Se glisser dans un personnage veut dire adopter son point de vue et le défendre car il faut toujours défendre le personnage que l’on joue. Au début, ils sont réticents puis, peu à peu, c’est également leur point de vue qui se modifie… »