Le dispositif « Savoirs pour réussir » repose sur l’engagement de tuteurs bénévoles. Ils sont aujourd’hui 400 à participer activement
à l’accompagnement individuel
ou à l’animation des ateliers pédagogiques des jeunes qui fréquent les 17 centres en activité. Reportage à Lens
le 26 février 2008
DES FORMATEURS formés
Ces femmes et ces hommes, actifs ou retraités, souhaitent donner de leur temps et contribuer à redonner aux jeunes la confiance nécessaire pour retrouver le goût d’apprendre.
Un point commun donc : l’envie de se rendre utile.
Faciliter l’accès aux connaissances, permettre de croître, transmettre : voilà le rôle de ce maïeuticien des temps modernes qui doit réparer les déchirures sociales et retisser les liens indispensables à une vie en société.
Au-delà de leurs désirs, pour les amener à prendre conscience de ce que sera leur mission et leur donner les moyens de réussir, la Fondation a mis en place une formation spécifique et une évaluation a posteriori.
Centrée sur des apports théoriques et pratiques, cette formation dure quatre jours et se déroule en trois cessions complémentaires :
« Savoirs pour réussir, les essentiels »
Ce module décline une présentation détaillée du dispositif SPR, le fonctionnement et l’organisation d’une association et le rôle des Caisses d’Epargne. Ainsi chaque futur bénévole n’ignore plus rien de ce que la Fondation attend de lui.
« Le rapport à l’écrit »
Définir ce qu’est l’illettrisme est un incontournable pour tordre le cou à de vraies fausses idées sur le sujet, faire le tour des difficultés qui ne vont pas manquer de se présenter aux tuteurs et leur permettre d’appréhender la situation quotidienne des jeunes confrontés à cette précarité linguistique. Les témoignages vidéos diffusés sont ici très utiles pour réaliser un travail sur les représentations au travers de témoignages.
« La communication interpersonnelle »
Ce dernier module de deux jours donne aux tuteurs les clés indispensables pour installer une bonne communication avec les jeunes. Différentes situations sont analysées pour en tirer des enseignements. Exercices et tests sont alors proposés pour mettre en scènes les difficultés et parvenir à les surmonter. Ce module consiste à permettre aux tuteurs de réaliser quelles sont leurs représentations de la situation et par anticipation, ce qu’ils auront à corriger.
Pour Francis Lavoine, directeur du département lutte contre l’illettrisme et formateur de la cession « communication interpersonnelle » : « le rôle d’un tuteur est de lancer des bouées et c’est aux jeunes de les attraper, ou non… »
La formation dispensée met en évidence qu’il est nécessaire pour les tuteurs d’avoir conscience de l’échec car il fait parti de la profession et de la progression.
Les bénévoles arrivent dans le dispositif avec une idée du rôle qu’ils s’apprêtent à tenir mais ils n’en prennent la mesure réelle qu’avec les enseignements prodigués lors de la formation.
« Tous arrivent très motivés, leur démarche est personnelle et honorable mais cela ne fait pas tout. Les qualités d’adaptabilité, de flexibilité et de discernement sont facilitatrices de réussite. Nous savons qu’ils vont rencontrer des déceptions comme le refus des jeunes, les difficultés à tisser un lien et une relation de confiance. Nous sommes là pour analyser leurs compétences, leurs aptitudes à remplir leur rôle. »
La formation dispensée sert de filtre. Certains bénévoles ne reprendrons pas contact avec l’association, d’autres ne seront jamais sollicités par la structure car ils ne semblent pas encore prêts.
Chaque bénévole est affecté en fonction de sa personnalité, de ses centres d’intérêt et des besoins et attentes du jeune. Certains bénévoles se verront confier des missions plus ponctuelles mais toutes aussi importantes comme l’animation d’ateliers de groupe.
« Responsables, chefs de projets, de missions et bénévoles travaillent ensemble, dans un esprit commun : arrêter le misérabilisme et considérer les jeunes pour ce qu’ils savent faire, et tous savent faire quelque chose. »

