Le 21 juin 2011 s’est tenue la journée annuelle de rencontre et d’information des médecins de la Fondation Caisses d’Épargne pour la solidarité.

Journée de rencontre annuelle des médecins

La chute fait mal, et d’autant plus mal que l’on est âgé. C’est pourquoi la Fondation Caisses d’Épargne pour la solidarité en a fait le sujet phare en 2011 des réunions nationales des infirmières et infirmiers, des médecins, et des psychologues de la Fondation. Au cœur de ce travail commun se trouve l’expérience menée à l’EHPAD Arthur Gardiner de Dinard, qui fait partie des 100 établissements de la FCEs.  

Bruno Favier, conseiller technique médical à la Fondation, est convaincu de longue date de l’importance de la prévention de la chute chez les personnes âgées. D’autant que les chutes déclenchent un choc émotionnel qui entraîne un sentiment d’insécurité et une restriction des activités. La première conséquence grave d’une chute se traduit par une hospitalisation, longue, douloureuse, coûteuse puis par l’installation des personnes en établissement. On le sait aujourd’hui : la prévention, l’éducation à la marche et l’apprentissage à tomber donnent de très bons résultats pour les personnes âgées. 
C’est la raison d’être des ateliers dans l’EHPAD de Dinard qui accueillent environ 100 personnes de plus de 84 ans. 

Le professeur Gilles Kemoun, qui a élaboré le projet pilote d’unité mobile « Padchute » au CHU de Poitiers, rappelle pour sa part quelques constats : « chaque année 30% des personnes de plus de 65 ans et 50% des personnes de plus de 85 ans tombent. Après la première chute, le risque de rechutes est multiplié par 20. Première cause de mortalité des personnes âgées, les chutes entrainent 25% de décès au domicile, 50% en établissement.»
Confrontés aux chutes récurrentes des résidents, Denis Bonnier, kinésithérapeute, et Sophie Babilaere, ergothérapeute, ont mis en place plusieurs ateliers où les résidents âgés apprennent à tomber… pour mieux se relever. Le premier atelier a pour but d’amener les personnes âgées à prévenir la chute. Seule condition pour participer : réussir à se relever seul du sol en prenant appui, faire trois pas, revenir à sa chaise et s’asseoir.  

Après un bref rappel du parcours par le kinésithérapeute, Monsieur P., 99 ans, s’élance.
- Prenez votre temps, Monsieur, l’exercice n’est pas chronométré, précise le kinésithérapeute.
Monsieur P. devra enjamber trois barres dont les hauteurs sont comprises entre 10 et 30 cm, puis il devra courber le dos pour passer sous d’autres obstacles. Après avoir franchi le cerceau et contourné les piquets… une petite pause… il reprend son souffle. La suite est tout aussi physique. Tous les participants ne font pas l’intégralité du parcours. Et il n’y a aucune obligation à cela.
À l’issue de ce premier atelier, les résidents chutent moins, mais le risque subsiste pour certains. D’où l’idée de créer un second atelier pour cette fois apprendre à tomber. Tomber sans se blesser, vaincre la crainte et l’appréhension de se relever seul, ou savoir se mettre dans une posture de sécurité et de confort pour attendre la venue d’une tierce personne. 

Ces exercices sont exigeants. Les résidents alternent donc ces ateliers avec celui proposé par Clémentine Doudet, animatrice, et Sophie Babilaere, ergothérapeute. Les activités proposées ici mettent en scène tous les éléments concernés par les chutes : l’attention, la mémoire, la concentration, la coordination, la capacité cognitive d’anticipation et d’analyse et enfin les émotions, essentielles aussi dans ce domaine. Ces ateliers jouissent d’un tel succès qu’il a fallu les multiplier et les proposer plusieurs fois dans la semaine. Quant à Sophie et Denis, ils espèrent que le fruit de leur travail pourra être utilisé dans d’autres établissements de la Fondation. C’était bien le propos de la rencontre annuelle des médecins de la Fondation qui s’est tenue le mardi 21 juin 2011.