Comment prévenir la dénutrition des personnes âgées dans les établissements ? Le fil conducteur des deux rencontres annuelles des infirmières coordinatrices le 5 mai 2009, suivi de la rencontre des médecins coordonnateurs des établissements et services le 16 juin, a été la dénutrition des personnes âgées, risques et prévention. Olivia Fiers, médecin-nutritionniste à l’hôpital de Dinard a partagé avec ses confrères les constats et les solutions.  

Grand âge et nutrition

Dépister et prévenir la dénutrition

Il n’est pas rare de voir arriver en établissement des personnes âgées dénutries. Olivia Fiers note que « cette situation n’est pas forcement visible au premier coup d’œil ». Le docteur Fiers préconise par conséquent un diagnostic de l’état nutritionnel de chaque nouvel arrivant, grâce à un examen simple du contrôle du poids et du suivi de son évolution au cours du séjour. Fondamental également pour ce médecin nutritionniste: la sensibilisation et la formation de l’ensemble des équipes qui poursuit un objectif simple : comprendre pourquoi les personnes ne mangent pas et détecter les causes telles qu’un problème dentaire, la perte du goût, du plaisir, une difficulté à déglutir etc. Ceci de manière à offrir une réponse adaptée et à s’assurer de la prise effective de l’apport nutritionnel recommandé (ANR).

Toute l’équipe mobilisée

Médecins, personnels paramédicaux, diététiciens, logisticiens et cuisiniers interviennent chacun à différents stades de cette chaîne alimentaire. Chacun est concerné dans son métier par la qualité de l’offre alimentaire proposée. A l’hôpital de Dinard par exemple, la fiche de prise de commande des repas a été modifiée par le personnel encadrant et par la cuisine. Résultat probant : une meilleure lisibilité a permis de respecter les souhaits des résidents et de raccourcir les délais de préparation. Toujours à Dinard , la démarche qualitative sur la nutrition concerne tous les acteurs et le comité de liaison alimentation nutrition (CLAN) les réunit régulièrement. A cette collaboration interne viennent s’agréger les compétences de deux diététiciennes qui échangent, et conçoivent des menus adaptés aux différents besoins des patients et résidents. La Sodexo, prestataire de restauration collective des établissements de la Fondation, élabore en effet ses repas avec leur aide.

Se nourrir, un vrai sujet

Toutes ces démarches ont été entreprises car la dénutrition et ses conséquences sont trop souvent considérées comme des pathologies secondaires. Or, le repas est un moment important, médicalement et socialement. « Echange et plaisir, l’émotionnel y tient une place majeure. Il faut s’occuper de ce qu’il y a dans l’assiette, c’est primordial ! » martèle Olivia Fiers. Message qu’elle continuera à diffuser auprès de ses équipes et qui demeure la pierre angulaire de son action.