17 h 30, tous les vendredis, le piano-bar ouvre ses portes. Une heure en compagnie de Jérôme Sedeyn, le pianiste, avec les résidents, leurs familles, leurs amis qui se retrouvent pour écouter leurs airs préférés et… chanter à l’occasion.

PIANO à Saint-Mandé

Mme E., épouse de l’un des résidents de Saint-Mandé, ne manque non seulement jamais le piano-bar du vendredi, mais contribue activement à le faire vivre. « Les familles ne trouvent pas toujours leur place dans une maison de retraite. Ce rendez-vous est un bon moyen de maintenir ou recréer des liens ». Avec le pianiste, ils ont préparé un carnet de chansons et « chaque vendredi, j’apporte les paroles. Je les distribue. Elles appellent des souvenirs qui appellent d’autres chansons dont on ne connaissait plus que les refrains ».

Mme M., M. R. et M. de T. sont les fidèles du piano-bar. Mme M., mélomane, ne manque aucun des vendredis. « J’aimais tant aller à l’opéra. Dans la vie, je cherche toujours dans chaque chose la beauté et l’élévation. La musique permet cela. »

A 87 ans, M. R., lui, se passionne toujours autant pour le violon. Son violon, il l’a toujours,
« quand nous sommes venus ici avec ma femme, je l’ai apporté dans mes bagages. Je le prends, je le regarde, je le caresse »
. M. R. aimerait en jouer mais… « l’arthrose, c’est bizarre vous savez, on a l’impression que les doigts ont changé de place ! » Lui aussi se rend au piano-bar tous les vendredis.

M. de T., lui, a 82 ans. Il a réalisé un classeur qui répertorie toutes les paroles et lorsque l’une de ses anciennes élèves vient le voir, alors « parfois elle m’accompagne au piano-bar et on termine toujours par “Aux Champs-Elysées… Palam, pala-lam !” Tous les matins je passais par l’Etoile pour rejoindre mon cabinet. J’étais médecin. »