Ouadi Jamal est peintre et calligraphe. Il intervient
en qualité de bénévole
auprès des jeunes
de « Savoirs pour réussir »
à Valenciennes et l’atelier de calligraphie qu’il propose suscite de la curiosité d’abord, un vif intérêt par la suite. Ses outils sont le calame, la plume, le pinceau, ce qui change tout pour l’écriture…

LA PLUME et le calame

Pour Ouadi Jamal, la calligraphie permet de retrouver  la sensation d’écrire. « Or, tout apprentissage passe par la sensation et le sentiment » dit-il « Ça pique, ça tâche, ça sent les encres et les pigments, ça peut blesser… Il faut faire attention et par conséquent, on apprend à faire attention ! Piquer la curiosité est un prétexte pour amener tout doucement les jeunes vers l’écriture. Il est vrai que le pinceau, le calame ou la plume sont trois outils qui à la fois attirent beaucoup et permettent en même temps trois approches différentes de l’écriture. Le résultat n’est pas du tout le même. Et puis il faut en prendre soin, laver et essuyer le pinceau, tailler le calame, etc. La démarche semble plus ludique et surtout on évite le stylo qui peut rappeler des mauvais souvenirs, les fautes répétées, la difficulté d’écrire, l’anxiété… ».
Et pour Ouadi Jamal, l’outil sert aussi à affûter son intelligence.
« La calligraphie est l’image de la parole et les arabes disent qu’elle est aussi la peinture de la pensée. Il faut par conséquent affûter le calame comme on affûte sa pensée et le premier résiste tout autant que la seconde. Quand ils utilisent le calame, les plumes et le pinceau, je vois les visages de ces jeunes : ils sont heureux ! Du coup, l’écriture leur fait moins peur. Ils s’appliquent, ils respectent les règles et les contraintes. Avec son stylo par exemple, malgré la ligne du cahier, J. a du mal à ne pas écrire vers le haut. Alors qu’avec la plume, il a parfaitement tracé le 8 à réaliser. »