Pour être aussi un acteur du festival, la Fondation a proposé un atelier pédagogique aux jeunes des associations

« Savoirs pour réussir », à Grenoble, à Coulounieix-Chamiers et à Valenciennes. Junajah et Tsunami de Planète Slam ont animé ces ateliers, deux ou trois fois avant le festival, puis durant 5 sessions à La Charité-sur-Loire. Objectif : que chacun écrive des textes, les scande et se produise dans le spectacle final ! Ecrire, dire et s’exposer, trois défis majeurs pour ces jeunes.

Trois défis relevés !

SLAM, Junajah et Tsunami

Junajah - En très peu de temps, il fallait amener ses jeunes à contourner leur peur d’écrire. En étant très enveloppante avec eux, je suis aussi plus intrusive et en même temps, je les soutiens. Je leur demande tellement d’efforts, se corriger, se reprendre, recommencer, articuler, que si j’étais distante, la pression serait beaucoup trop forte.

Tsunami - Public en difficulté ou non une chose est certaine, la plupart des gens n’expriment pas les mots et ont des défauts de prononciation et ce, depuis leur plus jeune âge. Nous travaillons sur l’oralité de la langue et donc sur la mâchoire, l’audition, le placement de la voix, les cordes vocales et les postures du corps. Être compris lorsque l’on parle est tout de même une des premières exigences dans les relations avec les autres .

Junajah – D’une certaine façon, nous les avons piégés. Nous avons laissé l’écriture de côté et nous leur avons appris à dire et à se concentrer sur l’articulation et le son. Une fois que l’on sait dire, alors que dire ? A partir de là ils étaient prêts à écrire et nous avons pu les amener vers la finalité de tout ce travail : dire ce que l’on a écrit à l’autre, en public. Nous travaillons en quelques sorte à l’envers.

Tsunami - Nous faisons sauter les contraintes visuelles liées à l’écriture et celles de l’orthographe et nous en imposons d’autres. Nous sommes très exigeants sur le son. C’est d’abord du son que l’on exprime avec les mots et nous ne les lâchons pas sur la diction. Lors de l’écriture d’un texte, nous n’imposons jamais de thème, c’est beaucoup trop scolaire. Nous travaillons encore sur le son des mots et les familles de sons. L’écriture est aussi une question de son. Cette exigence que nous avons pour eux leur donne aussi confiance et ils en ont besoin.